Vous renoncez à briguer la présidence de la fédération UMP de Paris pour vous lancer dans la primaire francilienne. Pourquoi ?
Parce que je me suis rendue compte que les enjeux ne sont plus Paris. Le débat y est devenu trop étriqués. Les problèmes se règlent maintenant au niveau du Grand Paris. Par ailleurs, je suis obligée de déplorer, avec beaucoup de tristesse, que l’UMP va mal à Paris. Notre groupe au Conseil de Paris (présidée par Jean-François Lamour, ndlr) est en piteux état. Je ne voulais rajouter du désordre au désordre. La capitale ne mérite pas ses élus, ils ne sont pas la hauteur.
Votre principale motivation n’est-elle pas d’affronter des ministres et de profiter des retombées médiatiques ?
La présence de ministres élève le débat, lui donne de la crédibilité et de la visibilité. Mais il ne s’agit pas de me faire plaisir ou d’exister par cette voie. J’ai des idées à defendre, sur les transports, la solidarité, l’environnement, la protection de l’enfance*… Je suis vice-présidente de l’association des Elus locaux contre l’enfance mal-traitée(Elcem), ce sera un thème majeur de ma campagne. Dès demain, je vais écrire Patrick Devedjian pour avoir accès au fichier des adhérents, afin d’être à égalité avec mes concurrents. Il n’y a aucune raison que je sois moins bien traitée. Il n’y a pas de candidatures plus importantes que d’autres. Je n’ignore pas que s’exposer, c’est prendre des coups… surtout quand, comme moi, on n’a pas de protection.
Quelle est votre légitimité ?
Je suis une militante de base, une femme, jeune, simple, issue de la diversité et élue sur mon nom. Tous les Franciliens ne sont pas nés à Versailles, n’ont pas fait l’école Alsacienne ou l’ENA. Les gens en ont marre du sérail, des fils et fille de. Contrairement Jean-François Lamour, je ne suis pas une enfant gâtée de la politique: on ne m’a pas tout donné tout cuit, un ministère ou une circonscription facile. Contrairement Valérie Pécresse, je ne suis pas une héritière : fille d’un ouvrier chez Peugeot et petite fille d’un mineur de fond, je ressemble bien plus aux Franciliens qu’elle. Et contrairement Roger Karoutchi, je n’ai pas la chance d’être une fidèle compagnon de route de Nicolas Sarkozy. Ce sont toujours les mêmes qui se partagent le gâteau. Moi, je peux susciter l’adhésion populaire et créer un appel d’air. Je suis la porte-parole des sans voix l'UMP.
Interview par Bertrand GRECO - Le Journal du dimanche
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