A Paris, Fillon tisse sa toile (Mediapart - le 24 octobre 2008)
«Ce n’est pas qu’un bruit» , ironise Lynda Asmani, conseillère du Xe arrondissement de Paris et candidate à la primaire UMP pour les régionales en Ile-de-France. François Fillon songerait sérieusement à la mairie de Paris pour son après-Matignon. «Il ne va pas rester ministre jusqu’à la fin des temps, c’est logique qu’il s’intéresse à Paris. D’autant qu’aujourd’hui, je ne vois pas de leader capable de reprendre la capitale», explique la jeune élue.
Avant l’été, Roger Karoutchi, également candidat pour les régionales en Ile-de-France, avait tâté le terrain auprès du premier ministre. «Tu comptes faire quoi après Matignon, un tour du monde en bateau ?» , lui avait-il lancé, sans obtenir de réponse. Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement avait même, un temps, essayé de propulser Roselyne Bachelot dans la course à la fédération de Paris. «Bachelot avait annoncé qu’elle se retirait du Maine-et-Loire, elle cherchait un point de chute. Elle aurait pu servir d’éclaireur à Fillon à Paris, raconte un élu de la capitale qui souhaite rester anonyme. Mais des parlementaires comme Goasguen lui ont fait comprendre que c’était pas la peine ?»
C’est aussi au début de l’été que le premier ministre laisse entendre qu’il ne se présentera pas à la présidence de la région Pays de la Loire, son fief. Un bruit qui vient alimenter les autres. La rumeur est lancée, et c’est Le Monde qui tire le premier, fin juillet.
«C’est une hypothèse, mais ce n’est pas quelque chose de décidé et d’organisé. On n’y pense pas le matin en se rasant ? , rétorque un proche collaborateur de François Fillon à Matignon, interrogé par Mediapart. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Cinq ans et demi en politique, c’est une éternité, estime-t-il. Mais ce n’est pas parce que ce n’est pas d’actualité aujourd’hui que ça ne le sera pas demain.»
Selon le président du groupe UMP au conseil de Paris, Jean-François Lamour, qui s’est entretenu avec François Fillon au début du mois, le premier ministre «voit très bien le piège tendu consistant à dire ce qu’il compte faire. Il m’a clairement expliqué qu’il ne se voyait pas repartir en Pays de la Loire et qu’il avait assez à faire à Matignon aujourd’hui» .
«Il y aura des conditions, explique le conseiller de Matignon. Ça dépendra de quand et comment François Fillon sort de Matignon, à quel niveau de popularité ? On se rappelle les déboires de Raffarin ! Il faudra évidemment un projet, et on est loin d’en avoir un pour Paris aujourd’hui. Enfin ça dépendra de ce que souhaite le président de la République et des investitures aux régionales, qui auront des effets collatéraux sur la désignation du candidat pour Paris.»
L’arrivée des «petits barons fillonnistes».
Si, officiellement, «rien n’est organisé» , les “fillonnistes” tissent lentement leur toile dans la capitale. «François Fillon compte quelques amis à Paris, qui, sans être des personnalités de premier plan, sont bien implantés» , explique Lynda Asmani. Au sein du noyau dur, on trouve des élus et conseillers de Matignon (Daniel Georges Courtois et Grégory Canal dans le XVe, Vincent Roger dans le IVe), le secrétaire départemental de la fédération parsienne, Jean-Didier Berthault, l’élue du IXe et bras droit de Pierre Lellouche, Delphine Burkli, le président du groupe UMP Jean-François Lamour (dont Vincent Roger fut aussi le conseiller). Autant d’«amis » qui soutiennent par ailleurs la candidature de Roger Karoutchi en Ile-de-France.
Un élu au conseil de Paris évoque également l’émergence de «petits barons fillonnistes» au sein de la fédération : «Beaucoup de jeunes fillonnistes, notamment de France.9 [le club de réflexion de Fillon], se présentent comme délégués de circonscriptions aux élections internes de novembre.» Même chose du côté des leaders d’arrondissement, où le premier ministre dispose de nombreux relais. «C’est une tendance en ce moment», reconnaît Jean-François Lamour.
«Rien ne peut se faire dans la fédération de Paris sans les fillonnistes, assure le collaborateur de François Fillon. Il n’y a pas de leader à Paris et les fillonnistes, s’ils ne sont pas majoritaires, sont incontournables. Ils représentent un tiers de la fédé et sont mieux organisés, autour de vraies amitiés.» Mardi 21 octobre, dans une interview au Figaro , le patron de la fédération UMP parisienne, Philippe Goujon, se prononçait en faveur de la venue du premier ministre, l’estimant «capable d’assurer le leadership et l’unité de la droite à Paris ».
Il n’empêche. Un éventuel parachutage du premier ministre n’enchante pas tous les élus. «Fillon à Paris ? Quelle drôle d’idée ? Il a le profil idéal du gendre de province des années 1980», ironise un conseiller de Paris dans les colonnes du Figaro . Ou encore, dans la bouche d’un autre : «Ce qu’il nous faut à Paris, à droite, ce n’est pas un parachutage, c’est une victoire.» «Ceux qui flinguent Fillon sont des conservateurs qui veulent que rien ne change, réplique le collaborateur du premier ministre. 80% [des élus UMP parisiens] pensent que c’est une bonne idée.»
«Il n’a pas le profil idéal, concède Lynda Asmani, mais il peut être une locomotive qui fera confiance à des gens différents. S’il vient pour cautionner une équipe qui a perdu et laisser les mêmes vieux barons, non. Si c’est pour donner un coup de pied dans la termitière, oui. Mais je veux que l’UMP de Paris reste sarkozyste, or aujourd’hui on n’est pas un groupe assez sarkozyste.»
Dans l’entourage du premier ministre, on assure en tout cas «avoir le sentiment que [cette hypothèse] est bien vue par l’Elysée ». « François Fillon devrait rester à Matignon pendant au moins un an de manière assez sereine, après on verra », dit-on. Jean-François Lamour, lui, calme le jeu : «Il est beaucoup trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Le groupe UMP est en pleine reconstruction après la défaite, une reconstruction qui est très difficile. »
Par Marine TURCHI
---------------------------------------------------------------------------------------
Lynda Asmani persiste et signe (JDD - le 26 octobre 2008)
Les propos de l'élue UMP du 10ème provoquent des remous.
Ça chauffe à l'UMP Paris. Le président du groupe à l'Hôtel de Ville, Jean-François Lamour, député du 15e et ancien ministre des Sports, a convoqué une réunion vendredi pour « examiner le cas de Mme Lynda Asmani ». Objet du courroux : l'interview de cette jeune conseillère de Paris ( 10 e ) dans le JDD du 5 octobre. « La capitale ne mérite pas ses élus, ils ne sont pas à la hauteur », déclarait-elle. Et, plus loin : « Contrairement à Jean-François Lamour, je ne suis pas une enfant gâtée de la politique. On ne m'a pas tout donné tout cuit, un ministère ou une circonscription facile. » Des propos « jugés inadmissibles par nombre de ses collègues», rétorque un communiqué du groupe. Partisan d'une « exclusion » immédiate, le président Lamour a dû se contenter d'un « ferme avertissement» : « En réitérant ce type de comportement, elle se placerait d'elle-même dans une situation qui conduirait à une exclusion [ ... ] de sa famille politique », conclut le communiqué.
Mais Lynda Asmani persiste et signe : « Cette réaction est totalement puérile, disproportionnée, nulle et non avenue, puisque aucun " avertissement" n'est prévu dans les statuts du groupe. Croitil vraiment que je vais me taire après ce procès stalinien? Je compte garder ma liberté de ton. » Elle maintient l'intégralité de ses prOPQS,même si elle admet à regret que certains de ses collègues aient pu se sentir « blessés ». « Sur Lamour, je ne lâcherai rien ! S'il se sent attaqué, il est assez grand pour se défendre tout seul», ajoute-telle. Pas question donc de parler de « dérapage ». Elle tient à rappeler que « personne n'avait été sanctionné » quand Françoise de Panafieu avait comparé Jean Tiberi, alors maire de Paris, à un « nain de jardin ». Enfin, elle assure que « la plupart des maires d'arrondissement et des parlementaires, y compris Philippe Goujon [président de la fédération UMP de Paris] , ont refusé l'exclusion. Seuls 7 élus sur 54 la réclamaient. Jean-François Lamour est minoritaire, j'en prends acte ».
GRECO Bertrand
---------------------------------------------------------------------------------------
L'UMP rappelle à l'ordre Lynda Asmani (Le Parisien - 25 octobre 2008)
La tête de liste UMP du Xe aux dernières municipales, Lynda Asmani, a intérêt à se faire oublier quelque temps. Ses déclarations très critiques dans le « JDD » sur ses collègues de droite (NDLR « Paris ne mérite pas ses élus ») avaient soulevé un vent d'indignation auprès des conseillers de Paris de la droite parisienne. Certains avaient même réclamé son exclusion. Hier matin, le bureau du groupe UMP au Conseil de Paris s'est réuni. Tous les élus présents (y compris les membres du courant Pari Paris, auquel Lynda Asmani est affiliée) ont condamné ses propos et ont décidé de lui adresser par courrier un avertissement. En cas de nouveau dérapage, en revanche, elle n'échappera plus à l'exclusion.
---------------------------------------------------------------------------------------
La droite parisienne reste en grande difficulté (Le Figaro - 9 octobre 2008)
Six mois après la sévère défaite aux municipales, les luttes internes continuent.
La droite parisienne ? « Ce sont quelques apparatchiks qui se disputent les reliefs du pouvoir dans un dernier jeu de rôle ... » Maire UMP du l arrondissement, Jean-François Legaret est du genre lapidaire. Mais son collègue du XVI, Claude Goasguen, n'en pense pas moins: « Elle va mal. Personne n'émerge pour prendre les choses en main, pas même du côté des ministres ... ». Six mois après le choc des municipales, les élus UMP, selon Goasguen, vivent « encore dans le choc de la défaite » et doivent plutôt « tabler sur les erreur s de Bertrand Delanoë pour progresser dans l'opinion, plutôt que sur (leurs) activités ».
Plus encore que ses confrères du groupe UMP au Conseil de Paris, une élue du Xe, Linda Asmani, met les pieds dans le plat et piétine, au point d'être menacée d'exclusion. Dans le JDD , celle qui vient de renoncer à briguer la fédération UMP de Paris a jugé son groupe « en piteux état », estimant que « la capitale ne mérite pas ses élus, ils ne sont pas à la hauteur ». Ces derniers et leur président, Jean-François Lamour, traité au passage d' « enfant gâté de la politique », n'ont pas apprécié. Élu du XIX, Jean-Jacques Giannesini pense que « cette fille délire complètement. Si elle ne se sent pas bien à l'UMP, qu'elle dégage ! ». Convoquée hier par Jean-François Lamour, qui exige « une rétractation », l'intéressée a décliné, goûtant peu « ce tribunal stalinien ». Elle s'insurge: « Panafieu, elle, a pu traiter Tibéri de nain de jardin sans être inquiétée. »
"Besoin de stabilité"
Giannesini veut l'exclusion « comme beaucoup ». Legaret est plutôt contre, conservant « un mauvais souvenir d e l'exclusion de Tibéri du RPR ». « Ce serait aussi , dit-il, lui offrir un statut de victime sur un plateau d'argent. ». Membre avec elle du petit groupe Pari Paris, Pierre-Yves Bournazel s'abstient de commenter: « Dans l'état où on est, il vaut mieux sortir de ces problèmes de personnes et jouer la politique de la gagne ! ».
Ce serait possible si la perspective des régionales en 1010, plutôt que de rassembler, n'avait pas plutôt pour effet de raviver les blessures. Lamour promet que « des règles vont être strictement appliquées » dans la campagne bien entamée des candidats à la candidature en Ile-de-France: les ministres Karoutchi et Pécresse. Conscients des tensions, les élus semblent vouloir que Philippe Goujon repique, en décembre, pour un mandat de président de la Fédération UMP. « Je ne fais pas campagne », estime le maire du XV , « j'y vais pour rendre service. » « Nous avons besoin de stabilité ces temps-ci », estime pour sa part Goasguen, alors qu'un élu et vice-président du groupe, Jérôme Dubus, s'interroge sur sa propre candidature. « Après un échec, estime-t-il, les équipes sont remaniées. Seul Paris fait exception. »
SOPHIE DE RAVINEL
---------------------------------------------------------------------------------------
Lynda Asmani : la différente de l'UMP (Le Point - le 9 octobre 2008)
"Tout le monde me tombe dessus!" Lynda Asmani, jeune élue (35 ans) du l0e arrondissement de Paris, a décidé de jouer les troublefête en s'invitant dans la primaire UMP des régionales en Ile-de-France contre Karoutchi et Pécresse. Et, visiblement, ça l'amuse. Les ministres ? Même pas peur ! En juin, elle avait prévu d'en affronter deux autres - Dati et Lagarde - en briguant la tête de la fédération de Paris. Jean-François Lamour, patron de l'UMP au Conseil de Paris, lui avait indiqué la porte.
Elle revient aujourd'hui par la fenêtre. "J'aime les défis ", claironne cette" bobo de droite" d' origine berbère. Son créneau ? La différence, que certains l'accusent d'utiliser à tous crins. "Moi, je ne suis la chouchoute de personne. Mon grand-père était mineur de fond, celui de Pécresse était le médecin de Chirac'" ironise-t-elle. Certains "bien nés" la jugent opportuniste. Elle, prône la "méritocratie". Et espère que son discours sera entendu par Sarkozy.
---------------------------------------------------------------------------------------
Rachida Dati ne briguera pas la tête de l'UMP à Paris (Le Figaro - le 26 juillet 2008)
Le député Philippe Goujon pourrait solliciter un nouveau mandat à la présidence de la plus grande fédération du parti. Qui va prendre la tête de la fédération UMP de Paris ? Pas Rachida Dati, en tout cas. La ministre de la Justice et maire du VIIème arrondissement n'hésite plus à dire, en privé, qu'elle jette l'éponge. Officiellement, elle n'a jamais été candidate pour ce scrutin qui se déroulera en décembre. Mais la ministre a participé à des réunions publiques et a consulté tous azimuts. Surtout, elle a laissé dire qu'elle était intéressée et a entretenu un flou sur ses intentions. « Je veux jouer un rôle dans la droite parisienne » , avait-elle ainsi affirmé au lendemain des municipales, sans préciser lequel. Aujourd'hui, tout cela n'est plus d'actualité. « Elle ne sera pas candidate, car elle n'a pas intérêt à se mettre dans ce jeu pour l'instant », confirme son entourage. « Ça n'est pas cette fonction qui m'intéresse », confiait-elle il y a quelques jours, tout en entretenant le mystère sur celle qui l'intéresse vraiment...
Dati a une implantation très récente dans la capitale, ce qui est un handicap aux yeux d'une partie des 20 000 adhérents de la fédération. De plus, elle était ouvertement en compétition avec une autre ministre du gouvernement, Christine Lagarde. La ministre de l'Économie et des Finances, qui n'est pas non plus déclarée officiellement, souhaite depuis longtemps avoir un ancrage local. Or, deux ministres, toutes deux femmes qui plus est, « c'est au moins une de trop », aurait jugé l'Élysée.
En 2001, les divisions de la droite avaient largement contribué à l'élection de Bertrand Delanoë, et le spectre des disputes intramajorité plane encore dans les esprits. Lentement mais sûrement, le scénario d'un troisième mandat de Philippe Goujon, maire du XVème arrondissement - le plus important de la capitale, avec 230 000 habitants -, est en train de se profiler.
« Pressions amicales »
Dans la foulée de ce qui avait été considéré comme une déculottée pour la droite, Philippe Goujon avait pourtant annoncé haut et fort qu'il ne se représenterait pas à la fédération de Paris. « J'avais axé ma campagne sur le renouvellement des forces de la droite. Et promis à mes électeurs de me consacrer prioritairement à ma mairie », explique-t-il au Figaro . Or, selon lui, « il se crée, depuis deux semaines, un consensus »- sauf parmi ses équipes de la mairie du XVème pour qu'il se représente. Selon le maire, les « pressions amicales» seraient nombreuses. Rachida Dati l'a d'ailleurs assuré de son soutien, s'il se lançait dans la bagarre. Ce dernier se donne encore un peu de temps pour prendre sa décision. Officiellement, seule Lynda Asmani, jeune élue du Xème arrondissement, est entrée en campagne, afin de « déringardiser et déverrouiller le parti» . En novembre, les adhérents UMP des 21 circonscriptions parisiennes vont désigner leurs représentants. En décembre, les 1 200 représentants des militants UMP et les élus de la capitale vont à leur tour désigner le nouveau président de la fédération.
Claire BOMMELAER
---------------------------------------------------------------------------------------
Duel de dames pour reconquérir Paris (Le Figaro - le 1er juillet)
La scène se passe dans le petit salon vert de l'Élysée. Nous sommes le 24 mai. Les élus parisiens de l'UMP sont réunis autour du chef de l'État,dont le bureau jouxte ce salon.Première d'une série de réunions destinées à organiser la reconquête du pouvoir dans la capitale. La séance de travail se termine. Un élu prend la parole. Le ton est en berne. « Écoute Nicolas, c'est gentil de nous recevoir. Mais tu dois comprendre que pour nous, c'est très dur. L'UMP Paris, je ne te fais pas de dessin ... Et en face de nous, il y a Bertrand Delanoë, un habile communicant qui sait user des médias. C'est quand même très dur. » Nicolas Sarkozy le laisse parler. À peine un hochement de tête pour signifier son attention. Puis il rétorque de quelques mots lapidaires: « Vous n'avez pas de chef et vous n'arriverez à rien sans chef. Il vous faut un chef et un projet. »
Les élus ne se bercent pas d'illusion. Aucun des arrondissements tenus par la droite n'a été perdu, mais tous connaissent la réalité des chiffres: Bertrand Delanoë vient d'être élu avec 57,7 % des voix contre 49,60 % en 2001. Sept ans plus tard, Françoise de Panafieu a obtenu 14 points de moins que son rival au premier tour.« On pensait en 2001 qu'il ne serait pas possible de tomber plus bas, note l'un d'entre eux. Eh bien si ! ». Tous ont donc les yeux désormais rivés sur l'échéance de l'automne prochain, lorsque les représentants des militants UMP et les élus de la capitale, soit 800 personnes environ, vont désigner le nouveau président de la fédération, ce fameux chef appelé de ses voeux par le président. Il succédera au maire du XVème arrondissement, Philippe Goujon. Avec lui, l'ensemble de la structure sera renouvelé. Auparavant, en novembre, les adhérents UMP des 21 circonscriptions parisiennes auront désigné leurs représentants par les urnes.
Pourtant, alors que Paris s'apprête à entrer dans ses « quartiers d'été », les grandes manoeuvres ont déjà commencé autour des deux ministres qui veulent présider cette fédération, la première de France avec ses 20 000 adhérents : Rachida Dati, garde des Sceaux et maire du VIIème, et Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances, qui a mené la campagne des municipales dans le XIIème, derrière le centriste Jean-Marie Cavada. Or deux, c'est une de trop. Nicolas Sarkozy a insisté sur ce point lors de sa première « réunion de coaching » à l'Élysée, selon l'expression d'un élu.
Celui qui estime avoir fait une « grosse connerie » en abandonnant la présidence de l'UMP ne veut pas d'un affrontement entre deux membres de son gouvernement, dont certains disent un peu cruellement que « l'une ne dit jamais bonjour et que l'autre n'est jamais présente ». L'entourage de Christine Lagarde reconnaît les absences de la ministre et tente de l'excuser:« On a joué de malchance en raison du calendrier de la loi de modernisation de l'économie. De la défendre aussi: « Cette loi est passée comme une lettre à la poste à l'Assemblée nationale. Une très grande réussite. Il est vrai que la ministre a ses priorités mais il faut aussi regarder les choses en face. Certains ne passent au Conseil de Paris que dix minutes, pour serrer les mains et partir aussi vite ... ». La ministre de l'Economie espère pouvoir être présente lors du prochain Conseil, le 7 juillet.
D'autres candidats en lice
Rachida Dati et Christine Lagarde savent aussi que leur implantation très récente dans la capitale ne les sert pas. Et que l'absence d'une figure unique autour de laquelle tous puissent se rallier donne l'envie à d'autres de se présenter. Lynda Asmani, jeune élue du Xème, est ainsi déjà entrée en campagne. Lasse « des divisions et des caprices », celle qui organise ce soir sa première réunion publique veut « déringardiser, déverrouiller et moderniser le parti ».
On attend aussi la candidature de Danièle Giazzi, première adjointe au maire du XVIème, Claude Goasguen. « Je n'ai pas encore pris ma décision , affirme-t-elle, mais je n'exclus pas du tout cette possibilité. D'ailleurs, j'ai rencontré le président Nicolas Sarkozy et il ne m'a pas du tout dissuadée ... ». Comme les autres, elle ne veut « surtout pas personnaliser le débat », mais que soient retenus « les meilleurs projets ». On pressent aussi - à moins qu'il ne choisisse la voie sénatoriale en 2011 - l'entrée en lice de Daniel-Georges Courtois, conseiller de François Fillon à Matignon. Mais le maire UMP du Ier, Jean-François Legaret, est formel: « La fédération a besoin d'une personnalité d'envergure pour relever la droite. Et le profil de Rachida Dati pourrait être le plus susceptible d'intriguer les Parisiens et de déstabiliser Bertrand Delanoë.» Membre du « G8 », ce groupe influent des huit maires d'arrondissements de droite, qui se retrouvent le mardi pour déjeuner entre la Concorde et l'Élysée, il se demande pourtant si Rachida Dati - dont on dit qu'elle bénéficie des faveurs de l'Élysée «fera l'unanimité dans les bulletins secrets ».« Tout va dépendre de sa cote de popularité à la rentrée. Et sa cote est fluctuante », commente-t-il. La Garde des Sceaux a été reçue samedi soir à la table présidentielle. Mais un convive précise qu'il ne faut « surtout pas voir dans cette invitation la moindre indication pour Paris ... ». Comme l'explique un élu, « quatre mois, c'est long.
A Paris, c'est une éternité. » Maire du VIème, Jean-Pierre Lecoq suggère donc que l'on « redistribue toutes les cartes de la fédération, avec des postes de vice-président ou de vice-secrétaire général, de façon à satisfaire tout le monde ». Car même au sein de l'autre bastion de la droite parisienne, celui du XVème, plus grand arrondissement parisien avec ses 230 000 habitants - les avis sont partagés.
Bien qu'implanté dans le XIXème, Jean-Jacques Giannesini, vice-président délégué du groupe UMP au Conseil de Paris, fait partie de ce clan parfois surnommé «la Firme» qui fut « balladuroséguiniste » avant d'être «balladurofilloniste » puis « balladuro-sarkofilloniste ». Militant parmi les militants, Giannesini est une caution du terrain, de ceux qui se disent persuadés que contrairement au « chasseur-cueilleur» de la préhistoire, le « colleur-tracteur » des partis politiques est encore bien vivant. Il l'avoue sans ambages: « Si Courtois ne se présente pas, je vote pour Dati. » Le conseiller de Fillon est un élu du XVème, « un ami très fidèle» , souligne Giannesini.
Bien qu'il ne veuille rien laisser paraître, et surtout pas un avantage pour l'une ou l'autre « sans connaître les candidatures et les projets », Jean-François Lamour, le président du groupe UMP au Conseil de Paris, lui aussi élu du XVème, aurait un faible pour Christine Lagarde. Comme beaucoup de ceux qui considèrent que la reconquête de Paris doit passer par l'Est. Jeudi soir, l'ancien ministre des Sports assistait à la réception organisée par la locataire de Bercy pour les élus du Conseil de Paris. Ils ont été une trentaine à s'y rendre. « Plutôt un bon score », note l'un des participants.
Nul discours politique ou déclaration d'intention de la part de Lagarde, mais une promesse: « Nous nous reverrons à la rentrée. » Emmanuelle Dauvergne, élue du VIIème, était là pour représenter Rachida Dati, « prise par un dîner avec les habitants de la rue Clerc ».« Elle a passé une heure et demie au dîner du quartier de Sainte-Clotilde, ajoute-telle, il aurait été malvenu de ne pas se rendre chez les voisins. Sa mairie est une priorité. » « Nous refusons toute personnalisation».
La garde des Sceaux s'assure tout de même de soutiens dans d'autres arrondissements et d'autres clans parisiens. Elle entretient ainsi de bonnes relations avec la force montante des jeunes UMP, en particulier ceux du club de réflexion « Pari Paris» dont l'objectif selon un de ses membres, Pierre- Yves Bournazel, consiste à « modifier le logiciel idéologique de la droite parisienne pour le rendre plus moderne ».
Parmi eux, Roxane Decorte, une jeune élue du XVIIIème qui a passé « des vacances » avec Rachida Dati en 2004 et qui, avant le 14 juillet, attend la ministre pour l'inauguration de sa permanence. À ce stade, tout le monde s'interroge sur la façon de départager les candidates putatives qui détestent être placées ou montées l'une contre l'autre. « Nous sommes dans une logique collective de conquête et nous refusons toute personnalisation », affirmait hier encore Christine Lagarde, le ton haut et clair, lors d'un passage au siège de l'UMP, rue la Boétie.
Toutes deux savent ce que pensent les militants, et que résume Marie-Claire Carrère-Gee, élue du XIVème : « Il faut en finir avec les petites querelles de gros ego. » Certains imaginent donc le retour de Françoise de Panafieu. Contrairement aux deux autres, celle qui a fait connaître sa disponibilité, a du temps. Elle a circulé dans tous les arrondissements et aurait l'avantage de n'être pas tentée par les municipales de 2014. Mais des doutes existent quant à sa possibilité de rassembler sur son nom le vote des militants.
D'autres verraient bien Philippe Goujon prolonger son mandat. L'intéressé ne repousse pas totalement l'hypothèse car « nul ne sait ce qui peut advenir ». Mais il rappelle la promesse faite à ses électeurs de se consacrer à sa mairie du XVème. Alors en dernier recours, la solution pourrait bien passer par une offre compensatrice faite à l'une des deux ministres: conduire une liste départementale pour Paris lors des prochaines régionales.
Sophie de Ravinel
---------------------------------------------------------------------------------------
Lynda Asmani dénonce l'attitude de Jean-François Lamour (Le Figaro - 26 juin)
PARIS. Élue du Xème est la première candidate déclarée à la présidence de la fédération UMP de Paris, Lynda Asmani est en guerre ouverte contre le président de son groupe au Conseil de Paris, Jean-François Lamour. Dans un communiqué publié hier, elle affirme que celui-ci« porte gravement atteinte à la cohésion du groupe UMP » lorsqu'il « s'en prend directement à des élues ( ..) et se moque de leur score ». Lundi sur LCI, Lamour avait estimé que le score d'Asmani aux municipales - 25 % au deuxième tour - devait être « assez difficile à digérer ». « Elle s'est un peu coiffée de travers », avait-il ajouté, en commentant la colère de l'élue,après son éviction du poste de porte-parole du groupe après l'annonce de sa candidature. Asmani invite Lamour « à s'interroger sur son rôle » et « désormais sur sa légitimité de président ». « Nous avons besoin de solidarité et de cohésion dans notre groupe », affirme-t-elle.
---------------------------------------------------------------------------------------
La femme qui « dérange » (Le Point - le 26 juin)
Elle a 34 ans et « plein d'idées » pour Paris. Elle est de droite, l'assume et défend le mariage homosexuel, le droit de vote des étrangers et l'homoparentalité. Lynda Asmani, fille de l'Est (parisien), originaire du Sud (parents algériens), est candidate à la présidence de la fédération UMP de Paris. Cette libérale était porteparole du groupe au Conseil de Paris, avant que Jean-François Lamour, son président, ne la démette de sa fonction. L'ancien ministre a invoqué « l'incompatibilité entre ses deux casquettes, par souci d'équité vis-à vis des candidats potentiels ».
Convaincue qu'elle « dérange », Asmani parle « de vieilles méthodes » et cible Lamour : « Chirac lui a tout donné. Moi, j'ai un vrai parcours de militante. » Certains y ont vu l'intervention de Dati, candidate elle aussi. Les deux femmes ne s'adressent plus la parole depuis des mois. Notons que Christine Lagarde pourrait également se lancer dans la bataille. Lagarde, ministre de l'Economie et patronne ... d'Asmani.
---------------------------------------------------------------------------------------
Du rififi à Paris (Le Figaro - le 19 juin 2008)
Lynda Asmani, conseillère UMP de Paris qui vient de se déclarer candidate à la présidence de la fédération UMP de la capitale contre Rachida Dati et Christine Lagarde, fulmine. Jean-François Lamour lui a ôté hier la fonction de porte-parole du groupe à la mairie, et assure que c'est à sa demande. Asmani conteste cette version des faits: « Ce sont des méthodes staliniennes. Lamour refuse d'assumer ses actes et se défausse sur moi ! ».
---------------------------------------------------------------------------------------
UMP : à Paris, Lynda Asmani sanctionnée (Libération - le 18 juin 2008)
Le message a été très clair. « Tu comprends. ta candidature déplaît fortement à des élus parisiens importants». a fait savoir Jean-François Lamour, président du groupe UMP à la mairie de Paris, à Lynda Asmani, élue du Xème et candidate à la présidence de la fédération UMP de Paris. Du coup, la conseillère de cet arrondissement s'est vue retirer ses fonctions de porte-parole du groupe UMP à l'Hôtel de Ville. « Et Jean-François Lamour a prétendu que c'était à ma demande. Ce qui est faux et pas très fair-play » , rectifie Lynda Asmani, qui pense être victime d'un coup bas venu du ministère de la Justice : la tête de la fédé de Paris est officieusement briguée par la garde des Sceaux, Rachida Dati ...
---------------------------------------------------------------------------------------
L'actu en flash - Asmani déchargée de ses fonctions (Le Parisien, le 18 juin 2008)
Après l'annonce de sa candidature à la présidence de la fédération UMP de Paris, l'élue du Xe, Lynda Asmani, doit suspendre ses activités de porte-parole du groupe. Officiellement, la décision aurait été prise d'un commun accord avec le président, le député du XV e , Jean- François Lamour. « Si elle est candidate, elle va faire campagne et aura donc besoin d'une liberté de parole qui n'était pas compatible avec ses fonctions au sein de groupe », fait valoir l'ancien champion olympique. La jeune élue, elle, assure qu'elle aurait pu assurer les deux missions en même temps. « C'est Jean-François qui semblait embarrassé par le cumul », déclare-t-elle. Lynda Asmani a officialisé sa candidature à la présidence de la fédération de Paris dimanche. Elle avait passé un coup de fil à Jean-François Lamour la veille pour l'en informer.
---------------------------------------------------------------------------------------
Lynda Asmani candidate à la fédération UMP (Le Parisien, le 16 juin 2008)
JEUNE conseillère UMP du Xe, élue depuis mars, Lynda Asmani vient d'annoncer sa candidature à la présidence de la fédération UMP de Paris. L'actuel président, le député Philippe Goujon, a indiqué dès novembre qu'il ne se représenterait pas, préférant se consacrer au XV e où il a été élu maire. La fédération UMP de Paris, la plus grande de France (30 000 adhérents), est très convoitée : Rachida Dati et Christine Lagarde, toutes deux nouvelles élues parisiennes, ont montré leur intérêt, sans se déclarer. Lynda Asmani est pour l'instant la seule à l'avoir fait officiellement.
---------------------------------------------------------------------------------------
Asmani veut diriger l'UMP à Paris (20 minutes - le 16 juin 2008)
Linda Asmani, élue (UMP) du 10ème, a confié hier au Journal du Dimanche qu'elle sera candidate à la présidence de la fédération UMP de Paris que va quitter en novembre Philippe Goujon. Elle est la première à se déclarer officiellement face à la Garde des Sceaux, Rachida Dati, et à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui hésitent encore à se prononcer. Selon elle, la droite « n'a pas compris l'évolution sociologique de Paris ».
---------------------------------------------------------------------------------------
Dati et Lagarde hésitent. Lynda Asmani candidate - Guerre de succession à droite (JDD - le 15 juin 2008)
Bien que feutrée, la guerre de succession est ouverte à la tête de la fédération UMP de Paris. Avec ses quelque 30.000 adhérents, la première « fédé » de France suscite des convoitises. Car la droite parisienne se cherche un chef, en vue des prochaines municipales, en 2014. Rachida Dati et Christine Lagarde ont manifesté leur intérêt pour ce poste stratégique, sans pour autant faire ouvertement acte de candidature. Les deux ministres prennent « le pouls» des cadres parisiens et attendent des signes venus d'en haut. L'élection interne aura lieu en novembre, à l'issue du mandat de Philippe Goujon, député-maire du 15ème, qui ne veut pas rempiler. D'autres noms circulent. Françoise de Panafieu pourrait faire un retour inattendu. Danièle Giazzi, première adjointe du maire du 16ème, Claude Goasguen, a de grandes ambitions. Daniel-Georges Courtois, élu du 15ème et conseiller politique de François Fillon, pourrait être le candidat de Matignon. Jean-Jacques Giannesini ( 19ème ) se verrait bien représenter l'Est parisien. Mais personne n'a encore formalisé ses intentions ... jusqu'à aujourd'hui.
La première candidate officielle a choisi le JDD pour se déclarer. Il s'agit de Lynda Asmani ( 34 ans ), tête de liste dans le 10ème en mars dernier. « Aujourd'hui, il y a un vrai désamour entre l'UMP et les Parisiens. On n'a pas compris l'évolution sociologique de Paris », confie-t-elle. Cette porte-parole de la coordination des Berbères de France, fille d'un ouvrier spécialisé chez Renault, se définit comme une « bobo de droite ». Elle ne fixe « aucune limite » à son appétit politique.
Il Y a trois semaines ( le 24 mai ), le chef de l'Etat a réuni à l'Elysée tous les « hiérarques» UMP de la capitale. Une « première prise de contact» diligentée par Pierre Charon, élu de Paris et conseiller spécial du Président : « Il a demandé qu'on trouve, dès cette année, un leader pour les prochaines municipales. Et il a dit qu'il ne voulait surtout pas que deux ministres s'entre-déchirent. On ne peut pas s'offrir le ridicule d'un combat entre Lagarde et la garde des Sceaux. »
Le Président hésite. Car cette élection interne se jouera à bulletins secrets ; et les 1. 200 membres des comités de circonscriptions - eux-mêmes désignés par les adhérents en octobre - pourraient ne pas choisir le poulain de l'Elysée, où un habitué ajoute, mystérieux: « Je pense que Rachida ira au bout de sa démarche. Il finira par y avoir un arrangement avec le ciel. »
De son côté, la ministre de la Justice n'attendrait donc que le feu vert présidentiel pour se déclarer. « Oui, Paris l'intéresse, elle s'investit beaucoup dans sa mairie du 7ème. Mais pour l'instant, elle n'est pas candidate. Il n'y a pas de " bataille de femmes" », insiste Emmanuelle Dauvergne, sa proche conseillère politique, élue du 7ème. Dati pourrait bénéficier du soutien de quelques mandarins locaux, comme Jean Tiberi ou Patrick Trémège ( 13ème ). Mais certains assurent que « Rachida n'a pas la confiance de la base »; elle aurait l'image d'une « enfant gâtée» .
En face, Christine Lagarde « n'a pas encore pris sa décision », selon ses proches. La ministre de l'Economie aurait les faveurs de Jean-François Lamour, président du groupe au Conseil de Paris. « Elle a plus le profil, elle va plus facilement vers les gens, les militants apprécient », affirme un cacique. Mais « elle n'ira pas sans l'aval de l'Elysée », ajoute un autre élu. « Son problème, c'est qu'elle vient de la société civile ; or, président de fédé est un poste très politique », confie celui-ci. « On ne la voit pas beaucoup au Conseil de Paris, ni au conseil d'arrondissement du 12ème », persifle un de ses collègues. Et puis, il y a ceux qui disent clairement leur hostilité à la candidature de ministres, comme Claude Goasguen : « A ce poste, il faut quelqu'un qui ait l'habitude de Paris. Pas quelqu'un qui vient d'arriver. Mme Dati et Mme Lagarde ne connaissent pas suffisamment cette ville complexe. » Goasguen n'est pas candidat. Il plaide, sans plus d'enthousiasme, pour sa première adjointe Danièle Giazzi.
Françoise de Panafieu pourrait apparaître comme un recours. « Des élus sont venus me démarcher, raconte l'ancien chef de file parisien. Je les intéresse parce que chacun sait que je ne serai pas candidate en 2014. Ça les rassure. Je reste attentive. On verra le moment venu ... ».
Certains plaident pour un maintien de Philippe Goujon à son poste. « Il se représentera, parce qu'il n'aura pas le choix. L'Elysée le lui fera comprendre », croit savoir un homme de l'ombre. Mais l'intéressé a pris sa décision : « Je souhaite me consacrer au 15ème, je ne serai pas candidat à ma succession. »
Le secrétaire d'Etat Roger Karoutchi, qui brigue la région Ile-de- France, plaide pour sa paroisse: « Pour les régionales de 2010, j'ai besoin d'une fédération de Paris solidaire, unitaire et puissante. On ne peut plus se permettre de se déchirer. »
Bertrand Gréco
---------------------------------------------------------------------------------------
Quand la droite visite les squats (Le Parisien, le 31 mai 2008)
LA DROITE parisienne n'en finit pas de faire sa révolution. Sous l'impulsion d'un petit groupe de jeunes élus avides de dépoussiérer l'image de leur parti dans la capitale, l'UMP parisienne prend position sur des sujets de société qui l'aurait rebutée il y a encore six mois : certains élus s'engagent à célébrer des pacs, d'autres défendent le droit de vote des étrangers ... Cette fois-ci, ce sont les squats d'artistes qui intéressent lUMP.
Jean-François Lamour, président du groupe au Conseil de Paris, a visité hier un squat d'artistes menacés d'expulsion rue du Faubourg-du-Temple (Xème). Une visite préparée par les conseillers Thierry Coudert (XVIIème) et Lynda Asmani (Xème). Dans une arrière-cour du faubourg, une petite quinzaine d'artistes travaillent ou vivent ici sur le site d'une ancienne usine de ferronnerie désaffectée depuis. deux ans. L'office HLM municipal Opac doit bientôt construire ici des logements sociaux et une crèche. « Il ne faut plus expulser des artistes sans une réelle solution de relogement, soutient désormais Jean-François Lamour. Attention, nous ne sommes pas pour les squats et nous rappelons que c'est illégal. Mais on pourrait faire beaucoup mieux pour ces artistes, qui représentent un pan entier de la culture parisienne, en voie de disparition. » LUMP réclame à la mairie le recensement de tous les terrains en friche à Paris et la création d'un système de bail précaire pour accueillir les artistes par rotation dans les différents lieux se libérant.
---------------------------------------------------------------------------------------






Les commentaires récents